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COLLECTIF EUROPEEN
D'EQUIPES DE PEDAGOGIE INSTITUTIONNELLE
auteur : Sandra R
date : sept 2006

Mon deuxième stage en PI.

Deux ans se sont écoulés depuis mon premier stage en pédagogie institutionnelle.
En débutant cette seconde formation, je crois savoir à quoi m'attendre : un concentré d'institutions bien rigoureusement définies dans le temps et dans l'espace, une diversité de personnes, un flou artistique de départ et trop de questions pour être contenues dans vingt esprits !
Dès mon arrivée, je découvre les nouveaux aménagements de la formation : la possibilité de choisir son groupe de travail (moyennant quelques critères quand même), selon la préférence pour l'une ou l'autre « technique Freinet » : journal et enquête, une production finale ( journal) et un thème large (identités) prédéfinis par les responsables, la plus grande diversité du matériel qui est mis à disposition (outils de linogravure, ordinateurs, …). Ces nouveautés me rassurent ; mais je constate rapidement que ce n'est pas le cas pour tout le monde ! Pour moi, les premiers jours sont « intérieurement exaltants » : je vois les situations autrement ; je comprends mieux ce qu'il se passe ; mais j'interviens peu et j'observe discrètement les nouveaux arrivants se dépatouiller, en se posant les mêmes questions que moi il y a deux ans, passant de l'étonnement à l'énervement, de la démission à l'envie de comprendre.
Des Assemblées des stagiaires tournent à rien ; dans les temps de production, on tourne en rond. Je repense à cette phrase : « Faut-il connaître l'anarchie pour accueillir la rigueur ? ». En attendant, on découvre les autres ; on s'étonne de ce que chacun apporte au groupe et de ce que l'on peut réaliser soi-même pour eux ou avec eux.
En attendant…en attendant avec enthousiasme le tournant fatidique du quatrième matin, où je sais que le temps va, tout à coup, tous nous rattraper, comme un élastique sur lequel on a trop tiré et qui nous « saute » subitement au visage ! C'est le moment où après une longue ascension, non sans peine, nous arrivons ensemble au sommet de la montagne russe. Nos cœurs s'emballent et nos mains s'activent. Nous savons tous qu'il s'agit de la dernière ligne droite… Et puis…enfin, le voilà, notre beau petit journal ! Quelle fierté de le présenter, de le montrer, de le vendre !
Comme je souhaite que mes élèves ressentent un jour un tel sentiment à mon cours !
 
Pour mon second stage en pédagogie institutionnelle, je pensais connaître beaucoup de choses déjà ; je pensais savoir à quoi m'attendre. Mais je me suis laissée surprendre. Au travers des interrogations de mes compères et des discussions parfois interminables d'après journée sur des « qu'avons-nous fait ? », « comment ? », « pourquoi ? », « quel intérêt ? », un questionnement neuf a émergé et je suis rentrée, cette fois encore, avec plus de questions que de réponses et tout autant de convictions. Au-delà des institutions, c'est peut-être cela aussi la pédagogie institutionnelle : des praticiens engagés, en recherche et en questionnement continu par rapport à leurs expériences sur le terrain.
Sandra – Septembre 2006



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